dimanche, 14 janvier 2007
LANGUES ET DEMOCRATIE
Officiellement monolingue, la France est en réalité un pays plurilingue ! François Bayrou et moi en savons quelque chose car, en plus du français, nous parlons la même langue : l'occitan, lui sous sa forme béarnaise, moi, selon les circonstances, sous ses formes provençale et languedocienne. Cette langue – connue aussi sous le nom de langue d'oc, qui fut celle des troubadours et qui a donné au français, entre autres, le mot amour – , François Bayrou, qui n'ignore pas son officialité dans la Navarre d'Henri IV, l'a même honorée d'un discours public, en octobre 1993, devant le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, si mes informations sont exactes.
Si donc, comme je l'espère, François Bayrou était élu Président en 2007, il serait le premier chef d'Etat républicain issu d'Occitanie (les territoires de langue d’oc) à assumer ses origines, et avec d’autant plus de facilité que le projet de constitution proposé par l’UDF reconnaît le respect dû aux langues régionales, éléments essentiels du patrimoine culturel français.
La démocratie y serait gagnante, car respecter l’alsacien, le basque, le breton, le catalan, le corse ou l’occitan, c’est encourager la liberté d’expression, c’est, sans nuire au français comme langue commune, faire entendre d’autres voix, d’autres points de vue qui peuvent enrichir la France. C’est aider à se libérer du carcan du jacobinisme qui à force de concentrer toutes les énergies sur Paris tend à oublier le reste du pays. C’est grâce au bilinguisme faire des citoyens plus aptes à s’ouvrir à d’autres cultures. C’est donc renforcer l’Europe mais aussi, en montrant qu’elle peut être à la fois celtique, latine et germanique, la France dans l’Europe.
(illustration de Tomi Ungerer)
14:00 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
Adishatz,
Agur,
Bon Dia,
Demat,
Es aquò !
La loi 101 a donné une dignité à la langue française dans une province du Canada, le Québec ; pourquoi des lois de ce type ne seraient pas appliquées en France pour les langues de France ?
L'enjeu de cette campagne sera aussi ceci, la dignité pour les langues de France.
Felicitacions per aquesta intervencion dins la campanha electorala.
Ecrit par : Jacme | mardi, 23 janvier 2007
Les derniers sondages accordent une place de plus en plus importante à François Bayrou. Ce n’était pourtant pas chose évidente lorsque l’on décompte le nombre de députés UDF et de son poids (très relatif) dans les médias. Candidat centriste qui monte qui monte, il ne pouvait que faire l’objet d’un petit décryptage par nos soins.
Première chose, il ne me parait pas juste de s’attaquer à l’homme. En effet, ce dernier est compétent, honnête, cultivé, amoureux de la culture littéraire française (ce qui est bon signe car mieux vaut être adepte de cette culture que de celle des sumos…) et enraciné dans le pays. Ces nombreuses qualités font de lui un homme attachant. Pourtant, il est, à mon sens, le symbole du vote inutile.
Il me parait nécessaire, pour nos plus jeunes lecteurs, de faire un petit rappel historique pour savoir de quelle lignée il se réclame : le centrisme. Cette doctrine prends les formes du libéralisme, de la décentralisation, de la méfiance vis-à-vis de l’exécutif (d’un homme fort à la tête de l’Etat si vous voulez), dans le rejet du dogmatisme partisan et enfin par un européanisme irréfragable. Ces quelques composantes sont au cœur de la pensée centriste et qui justifient les faits d’armes de ces derniers :
- la méfiance de Giscard à l’encontre du Général de Gaulle : faut il rappeler que Valéry est passé, en 1966, du « oui mais » au « non » en 1968 (après que le Général l’ait évincé de son gouvernement et après le triomphe du parti gaulliste aux élections de 1968)? Certains gaullistes verront alors Giscard comme un des acteurs majeurs de la chute du Général, ce qu’ils ne lui pardonneront jamais. Néanmoins, le fond de l’opposition se situait sur la question de l’orientation présidentielle voulue par le Général alors que les centristes préféraient donner davantage de pouvoir au Parlement.
- la volonté constante de ne jamais se sentir emprisonné dans un camp
- les pionniers de l’Europe actuelle sont tous centristes. Jamais un UDF n’a émis la moindre critique au dessaisissement progressif des prérogatives étatique du gouvernement français à Bruxelles.
- le centrisme a toujours reproché aux gaullistes la forte présence de l’Etat
Rappelons aussi que, depuis que l’élection du Président se fait au suffrage universel direct, les centristes ont toujours (sauf en 1995 où l’UDF soutenait Balladur) présenté un candidat : Lecanuet, Poher, VGE, Barre et Bayrou. D’ailleurs, les ministres UDF ont toujours participé aux gouvernements de droite. C’est historique : sous la 5ème république, pour qu’un parti survive, il se doit de présenter un candidat, sinon, il est mort. La candidature de Bayrou n’est donc pas une surprise. Ce qui est, à mes yeux, détestable, c’est la posture du candidat Bayrou, qui pourtant, à bien y réfléchir, n’est pas surprenante.
En effet, son comportement est la queue de la commette de la contestation de la droite Bonapartiste (où gaulliste) : il termine en quelque sorte la mue du centrisme qui est passée d’une collaboration totale avec les gaulliste en 1958 à la rupture totale d’aujourd’hui. Là aussi, la position de Bayrou ne fait qu’achever le divorce latent depuis 50 ans entre ces deux droites.
Pourtant, et c’est là que le bas blesse, si Bayrou avait été fidèle à la doctrine centriste, il aurait dû se rapprocher de l’UMP devenue, avec le temps, décentralisatrice, européenne et soutenant Chirac qui est tout sauf un autoritaire. C’est la raison pour laquelle je vois en Bayrou l’accomplissement d’un destin personnel plus qu’une divergence sur le fond : demandez au français les différences programmatiques entre l’UMP et l’UDF et, à moins de tomber sur un docteur en sciences politique, personne ne vous répondra. Sur bien des points, et je le regrette, l’UMP a rejoint les préoccupations de l’UDF (Europe, mondialisation, décentralisation…). Le seul point véritable de divergence concerne le rôle du Président. Sarkozy symbolise en effet un Président fort et autoritaire.
Enfin, et mes amis centristes, vont m’en vouloir mais je finirais ma petite démonstration par un rapprochement évident : Bayrou reprend (et personne ne le signale), la même stratégie que Le Pen, la victimisation. Comme Jean Marie, François profite de tous ses passages à la télé pour dire qu’il n’y passe pas assez. Alors qu’on traitait Le Pen de poujadiste, les centristes ont la même attitude que les frontistes. De plus, François dénonce partout le duo Ségo Sarko, « l’establissment » comme Jean Marie critique depuis toujours, en les renvoyant dos à dos, le PS et l’UMP. Là aussi, personne ne fait le rapprochement. Finalement, comme Le Pen, Bayrou espère attirer à lui les déçus du PS et de l’UMP. Seulement lui, il captera les voix des gens (les cadres et les bobos) qui en ont marre mais qui ne voteront pas Le Pen. Enfin, comme JMLP, il espère être élu, tout en sachant qu’il n’a aucune chance d’avoir, à l’assemblée, une majorité. Il faudra donc composer, mais avec qui ? Silence radio…
Là est le drame de Bayrou : derrière l’homme sympathique se cache un néant programmatique. Mis à part des joutes verbales, cet homme (qui a été un ministre lâche) ne se distingue que par le changement de têtes qu’il réclame. Sur les sujets essentiels, il n’apporte aucune réponse intéressante alors que la France a besoin de changements profonds. Que ses électeurs le sachent, s’il est élu, qu’il réunit la droite et la gauche et qu’il échoue, les français se tourneront alors vers les extrêmes car ils n’auront plus d’autres choix…
Ecrit par : Benoit | lundi, 29 janvier 2007
La personnalité du candidat est primordiale dans une élection présidentielle. Je suis donc ravi que Benoit détaille les très nombreuses qualités humaines de François Bayrou.
En ce qui concerne le petit apperçu historique, outre le fait qu'il soit partiel et partial, l'urne ne sert pas à recueillir des archives mais un bulletin tourné vers l'avenir...
Pour l'avenir avec François Bayrou, je vous invite à consulter son site de campagne (bayrou.fr) vous constaterez une vraie richesse de projets et d'idée.
Ecrit par : cédric baillet | mercredi, 31 janvier 2007
GRAND CONCOURS DE RECETTE
COMMENT FAIRE PRENDRE LA SAUCE BEARNAISE ?
Les meilleures seront publiées sur notre blog, http://fede92jeunes-udf.hautetfort.com/
Temps de préparation : 75 jours de campagne
Cout : Economique et responsable
Temps de cuisson : 15 jours de de l'entre-deux tours
pour 60 Millions de personnes
Ingredients
1 bulletin Bayrou
Des médias Ségo-Sarko
2 kilos de propositions
Une pincée de colère face à la situation du pays
Descriptif de la recette :
* Pelez les médias dominants, hachez-les menus : la bipolarisation, c’est non !
Faites les passer à la casserole, pimentez les d’une pincée de colère et portez à ébullition.
* Faites bouillir jusqu'à ce qu'il ne reste plus de tandem Ségo-Sarko.
* Arrêtez alors l'ébullition et filtrez cette réduction à l’Europe : prenez le meilleur et les meilleurs de chaque camp.
* Mélangez la réduction avec les 2 kilos de propositions de l’UDF.
* Mettez votre bulletin BAYROU dans l’urne.
Mélangez au fouet et ajoutez vote après vote sans cesser de fouetter.
* Lorsque la sauce a la consistance d'une victoire, retirez la casserole du feu, vérifiez l'assaisonnement, et formez un grand gouvernement d’union nationale.
Ecrit par : raphael | mardi, 06 février 2007
Ecrire un commentaire