lundi, 27 novembre 2006

Quelques réflexions nocturnes à propos de l'éthique en politique….

Comme dans beaucoup d'enceinte politique, le spectacle que donne le Conseil Municipal de Strasbourg est, il est vrai, toujours un peu désolant. Une municipalité présomptueuse qui néglige la correction la plus élémentaire envers une opposition trop souvent démagogue et face à des conseillers complaisants… Triste spectacle que celui de la démocratie locale, c'est certain ! Pourtant,  je ne pense pas pour autant que les choses soient clairement clivées entre une "vieille UDF" coupable de tous les vices et une "UDF indépendante" qui serait exempte de défaut. Le travail d'une municipalité est une tâche éminemment  difficile et il est toujours beaucoup plus simple de formuler des critiques d'ordre général que des propositions vraiment opérationnelles et pertinentes… Cela ne veut pas dire, c'est évident, que nous devons approuver tout ce que la majorité municipale propose mais je pense néanmoins que la critique de notre parti doit toujours être posée et constructive et ce d'autant plus que certains membres de l'UDF fournissent un travail aussi remarquable que discret au sein de cette même municipalité.

 

Je crois profondément aux valeurs d'humanisme et de pragmatisme qui fondent notre mouvement mais je pense également, au nom même de ses valeurs, que l'UDF doit prendre les plus grandes précautions afin de ne pas tomber dans une logique clivée et radicale propre aux partis minoritaires et extrémistes. Cette logique, si clairement mise en évidence par les sociologues ou dans l'œuvre d'Hannah Arendt et qui oppose sur une base purement idéologique les bons et les méchants, les justes et les injustes, les pures et les impures… Cette logique qui mène à l'exclusion de tous ceux qui ne pensent pas exactement comme celui qui décide de la norme… Cette logique qui mène au totalitarisme… Il y a maintenant pas mal d'année, j'ai quitté le parti des verts par lassitude de voir traiter de fascistes tous ceux qui n'étaient pas aussi radicaux que les plus radicaux des militants… Peut-on imaginer aujourd'hui  de voir des personnes exclues de l'UDF pour des motifs aussi subjectifs qu'un manque d'humanisme, de pragmatisme ou même un manque de motivation à défendre le candidat de l'UDF ???  L'UDF à des statuts et un règlement intérieur définissant un certain nombre de procédures qui sont autant de garanties contre cet arbitraire, il nous appartient de les appliquer sans états d'âme mais également de les respecter.

 

A mon sens l'éthique politique n'est jamais collective, elle est individuelle et les militants (à l'interne) et les citoyens (en général) en sont les garants. Nous avons soutenu à 90% la ligne proposée par notre président en faveur d'une UDF forte et indépendante, et c'est à chacun de nous maintenant de faire vivre cette idée non par une logique d'exclusion et de mise en cause mais par une œuvre de conviction et de proposition.

Quant à l'éthique d'une personnalité politique enfin, elle est bien souvent fort différente de son discours public… Il y a des personnes compétentes et éthiquement remarquables au sein de tous les partis et de tous les courants d'idées… C'est justement, il me semble, l'idée même défendue par F. Bayrou à propos d'un gouvernement d'union nationale. Mais l'inverse est également vrai et nous nous devons d'être des plus vigilants sur ce point. Une personne qui défendrait publiquement humanisme, pragmatisme et indépendance de l'UDF mais n'hésiterait pas à recourir par ailleurs à la calomnie, au mensonge ou à la manipulation serait-elle légitime à porter nos couleurs  lors des échéances internes ou externes ? Cette question, je pense que nous avons également le devoir de nous la poser et de prendre nos responsabilités en conséquences, particulièrement en ce temps d'élections ou les ambitions individuelles s'affirment plus particulièrement. C'est le prix à payer pour une véritable "nouvelle politique".

Gwénaël JUHL, Président des Jeunes UDF Alsace

mercredi, 22 novembre 2006

POINT DE VUE SUR LE BUDGET DE STRASBOURG

medium_budget.gifLundi après-midi, nous nous sommes rendus au DEBAT d’orientation budgétaire de la Communauté Urbaine de Strasbourg qui est obligatoire depuis quelques années maintenant. A l’origine, ce débat est censé mettre les conseillers municipaux d’accord sur les différentes orientations du budget de l’année suivante. Ce débat doit se dérouler deux mois avant le vote final du budget pour l’année 2007. Pour la préparation du conseil, les conseillers municipaux ne disposaient que de quelques bribes d’informations ; sans doute pour économiser les dépenses de photocopies, ce qui permet de réduire sensiblement le budget de fonctionnement de la municipalité pour des choses vaines, telles que la démocratie ! On voit bien là, que l’équipe municipale en place protège nos intérêts !!

Au début de la séance, Madame Fabienne Keller, maire de Strasbourg, s’est contentée de faire un exposé de vingt minutes sur les orientations de son budget qu’elle avait d’ores et déjà décidé avec son équipe, ayant ainsi écarté les propositions dissidentes. Ainsi, elle a défendu avec brio, les résultats d’une mairie en contradiction totale (ou presque) avec ses promesses électorales originelles. Cependant, on peut noter que la famille politique majoritaire au sein de ce conseil municipal, se félicitait d’avoir maintenu la dette à 587Euros par habitant qui est en deçà de la moyenne des grandes villes françaises. Devons nous voir le verre à moitié vide ou à moitié plein ? Une élue a parfaitement résumé la situation en citant un proverbe grec antique: « au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ». La dette reste encore trop importante et il faut savoir qu’elle pèse sur la fiscalité des habitants de la CUS et donc directement sur le pouvoir d’achat des ménages. Mais ceci n’est qu’un petit exemple d’une longue critique possible mais qui s’avèrerait être tellement longue et peu passionnante pour bon nombre d’entre nous.

Place après cette plaidoirie, aux autres groupes qui composent le conseil municipal. Cinq personnes ont ensuite pris la parole pour critiquer ou mettre le doigt sur certains points voire grands axes qui ont été éludés partiellement ou totalement du seul et unique projet budgétaire imposé par madame la maire qui était trop occupée ; ne serait-ce que pour écouter les différentes remarques et critiques qu’elles soient constructives ou non. Nous avons remarqué, que ce genre de comportement vis-à-vis d’un maire était tout bonnement digne d’un monarque. Seul ses idées comptaient et les autres n’avaient qu’à gaspiller leur salive. Ces pratiquent nuisent hélas à la démocratie !

 Juste quelques mots sur l’UDF indépendante, qui a mis en avant trois points cruciaux qui étaient omis dans la documentation fournie. A savoir : l’activité économique, la qualité de vie et la sécurité étaient complètement zappés du programme 2007.La vieille UDF, celle qui est sous-fifre de l’UMP a béni ce programme non humaniste, démagogique et anti-démocratique. Cette UDF se situe encore dans une optique d’alliance systématique avec la droite, quels que soient les programmes ! Ca, c’est l’ancienne UDF. Celle qui se préoccupait uniquement d’obtenir des postes importants. L’éthique et le bienfait des citoyens et de l’Homme étaient mis de côté au profit de la vanité des dirigeants politiques. Aujourd’hui l’UDF, est un parti démocratique, humaniste et pragmatique. Nous sommes déçus de voir que des élus locaux alsaciens n’ont pas pris note de ce souci d’indépendance de l’UDF qui reflète notre pragmatisme. Nous sommes persuadés, et 90% des militants au congrès de Lyon en janvier pensent comme nous, qu’il y a autant de bonnes idées à gauche qu’au centre et à droite. Nous ne comprenons pas très bien quel est l’intérêt, pour certains élus de rester à l’UDF, s‘ils ne conçoivent pas une vie politique sans l’UMP. Dans ce cas, rien ne les retient chez nous….

 

Pierre GILLMING

Frédéric FALK

vendredi, 10 novembre 2006

PETIT PLAIDOYER POUR LE BILINGUISME

medium_histoire.jpgLa promotion du bilinguisme reste un enjeu de chaque instant dans notre région. Les raisons en sont évidentes. L’alsacien, l’allemand et le français sont des langues complémentaires en Alsace pour des motifs à la fois historiques et culturels. Leur maîtrise semble d’autant plus souhaitable sinon indispensable qu’une partie de la vitalité économique de la région tient à sa position géographique privilégiée au cœur de la dorsale européenne, cette énorme concentration d’hommes, de richesses, de matière grise qui court du bassin de Londres au Nord de l’Italie, le long de l’axe rhénan. La France est de surcroît le premier partenaire commercial de l’Allemagne et réciproquement, et l’Alsace se trouve au centre de ces échanges.

Les 63000 travailleurs frontaliers alsaciens ont longtemps profité de cet avantage de situation et ont contribué à faire de notre région la championne française du plus faible taux de chômage. Les évolutions des conjonctures économiques en France et en Allemagne, la flexibilisation croissante du travail, la concurrence d’une main d’œuvre originaire d’Europe centrale et orientale ont quelque peu modifié la donne. A ces facteurs s’ajoutent les difficultés rencontrées par les Alsaciens plus jeunes qui postulent aux fonctions occupées par leurs parents, mais dont l’accès au marché de l’emploi allemand ou suisse est limité par une insuffisante maîtrise de langue allemande.

Les efforts déployés depuis des années par le monde associatif, par de nombreux élus locaux, par des parents d’élèves, des enseignants et des artistes engagés ont fait progressivement évoluer les pouvoirs publics en faveur de la promotion de l’enseignement bilingue tant et si bien que 13000 élèves suivent actuellement une scolarité dans le système paritaire franco-allemand, depuis la maternelle jusqu’au lycée. Le Conseil régional a ainsi financé l’acquisition des nouveaux manuels franco-allemands d’histoire édités par Klett et Nathan pour les élèves de terminale Abibac (en photo).

La convention passée entre les collectivités locales alsaciennes et le Rectorat pour la période 2000-2006 était ambitieux et prévoyait notamment un enseignement hebdomadaire de trois heures dès la maternelle puis à l’école primaire et l’ouverture d’une classe bilingue dans chaque collège. L’exemple des difficultés rencontrées par les enfants de 5 ans de l’école maternelle Camille-Claudel d’Obernai, privés de site bilingue à la rentrée dernière, souligne néanmoins combien les pesanteurs de l’administration peuvent encore faire obstacle à l’accès à ce type d’enseignement. Il est important que la nouvelle convention qui se négocie actuellement ne revienne pas sur les efforts entrepris jusque là.

Or l’enseignement bilingue, loin d’être élitiste – faudrait-il cependant avoir peur du mot ? – correspond bien davantage à une forme démocratique d’apprentissage, ouverte à tous dès le plus jeune âge. Un tel système vise non seulement à élargir l’horizon culturel et intellectuel des élèves dans un espace mondialisé complexe, mais aussi à leur offrir la possibilité de poursuivre leurs études dans l’espace germanophone voire d’y trouver des débouchés professionnels. Les sections européennes allemand des lycées professionnels ainsi que l’ABIBAC – qui aboutit à la double délivrance des baccalauréats français et allemand – s’inscrivent dans cette perspective.

L’ouverture culturelle acquise grâce aux enseignements dispensés dans la filière bilingue n’est en outre pas incompatible avec l’apprentissage d’autres langues moins familières, mais contribue bien au contraire à aiguiser la curiosité des élèves pour le monde qui les entoure. Mais, dans cette petite région au cœur de l’Europe, la langue qui reste la plus importante à connaître, outre le français, est celle qu’on a le plus de chance d’utiliser dans son cercle de relations familiales, amicales ou professionnelles, c’est-à-dire celle que d’aucuns appellent parfois pudiquement la langue du voisin.

 

 

Thomas JOERGER , Professeur d’histoire géographie en section Abibac au lycée Stanislas de Wissembourg, Conseiller municipal de Leutenheim et secrétaire régional des Jeunes UDF Alsace


 

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