samedi, 16 septembre 2006
LES RAISONS DE LA COLERE
Est-ce que cela justifie de lancer une grenade contre une association de jeunesse chrétienne ? Qui pratique la violence et l’offense ?
Pour faire mentir l'intervention papale, on aurait touvé plus efficace une contestation non-violente : au lieu de cela, des foules éructent, la vie du pape est menacée et une religieuse masacrée... "Tu me trouves violent ? Attends voir, je vais te casser le gueule !" Quelle démonstration de tolérance face à la controverse ! N'est pas Gandhi ou St François qui veut !!!
Benoît XVI a évoqué lors d'un discours le rapport entre foi, raison et violence dans la religion musulmane. Il s'est référé à cette occasion à un livre de l'empereur byzantin Manuel II Paléologue (1350-1425), dont il a commenté des passages.
Dans cet ouvrage, « Entretiens avec un musulman, 7e Controverse », présenté et publié dans les années 1960 par le théologien allemand d'origine libanaise Théodore Khoury (Université de Münster), l'empereur expose le dialogue qu'il a entretenu, probablement entre 1394 et 1402, avec un Persan musulman érudit.
Extraits de l'intervention du pape :
« Dans la septième Controverse éditée par le professeur Khoury, l'empereur aborde le thème du Jihad (la G
uerre sainte). L'empereur devait savoir que la sourate 2-256 dit : "Il n'est nulle contrainte en matière de foi" -selon les spécialistes, c'est l'une des premières sourates, datant de l'époque où Mahomet était encore sans pouvoir et menacé.
Mais l'empereur connaissait aussi naturellement les commandements sur la Guerre sainte contenus (...) dans le Coran. Sans s'attarder sur des détails, comme la différence de traitement entre les « croyants » et les « infidèles », il pose à son interlocuteur, d'une manière étonnamment abrupte pour nous, la question centrale du rapport entre religion et violence.
Il lui dit : "Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l'épée la foi qu'il prêchait".
L'empereur, après avoir tenu des propos si forts, explique ensuite en détails pourquoi il est absurde de diffuser la foi par la violence. Une telle violence est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l'âme : "Dieu n'aime pas le sang et agir de manière déraisonnable est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme et non du corps. Celui qui veut donc conduire quelqu'un vers la foi doit être capable de parler bien et de penser juste, et non de violence et de menace... Pour convaincre une âme raisonnable, on n'a pas besoin de son bras, ni d'armes, ni d'un quelconque moyen par lequel on peut menacer quelqu'un de mort...".
La phrase décisive dans cette argumentation contre la conversion par la violence, c'est : "Agir de manière déraisonnable est contraire à la nature de Dieu".
L'éditeur, Théodore Khoury, commente à ce propos : pour l'empereur, un Byzantin éduqué dans la philosophie grecque, cette phrase est évidente. En revanche, pour la doctrine musulmane, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n'est liée à aucune de nos catégories, pas même celle de la raison.
Khoury cite à ce propos un travail du célèbre islamologue français (Roger) Arnaldez, qui souligne que Ibn Hazm (un théologien musulman des Xe et XIe siècles) est allé jusqu'à expliquer que Dieu n'est même pas lié par sa propre parole, que rien ne l'oblige à nous révéler la vérité. S'il le souhaitait, l'homme devrait même se livrer à l'idolâtrie ».
Cédric BAILLET, d’après les DNA (15 septembre 2006)
19:20 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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