mercredi, 21 juin 2006
Osez Bové !
Le CSA est revenu sur sa décision de décompter le temps de parole d’une partie de l’UDF de celui de l’opposition. Il propose même maintenant de revoir entièrement son système de comptabilisation du temps de parole. Celui-ci se fondait sur la division factice majorité/opposition.
On se rend bien compte qu’aujourd’hui cette opposition vole en éclat : les élus UMP eux-mêmes sont entrés en opposition avec leur gouvernement. Ou plutôt devrait-on dire « en résistance », eu égard à la discipline implacable qui règne dans le parti majoritaire. S’offusquer, à juste titre, des fautes et des gaffes du couple Chirac/Villepin est un acte de courage pour un élu UMPiste.
Notre pays a besoin d’une majorité forte pour être gouverné. Pour autant, les contre-pouvoirs doivent être préservés... Si tel avait été le cas, les erreurs à répétition des derniers temps auraient été évitées. Et une partie des Français ne verrait pas en José Bové un signe de renouvellement et d’avenir...
Que José Bové se voit déjà en rassembleur de l’extrême-gauche, lui qui représente un immobilisme archaïque et démagogique, est clairement inquiétant. Sa récupération a des fins électorales des valeurs du terroir, de l’écologie et de l’alter-mondialisme prouve que notre société est proche de la sclérose totale.
A l’inverse de ce qu’incarne José Bové, le terroir doit être notre appui pour nous lancer vers l’avenir ; l’écologie doit utiliser la science (y compris la recherche génétique) pour devenir autre chose qu’une occupation de bobo ; l’alter-mondialisme ne doit pas entraîner une dénonciation complète de notre système économique mais permettre de ne pas oublier la dimension humaine.
La maladresse chronique à la tête de l’Etat renforce la radicalisation à gauche et le rejet – non pas de la politique – mais des hommes et femmes politiques.
Cédric BAILLET
15:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
lundi, 12 juin 2006
PUBLIC ENNEMI ?
Oui, les services publics sont indispensables. Oui, il faut développer leur présence et leur efficacité sur le territoire français.
Mais est-ce que la renationalisation d’EDF, la lutte contre l’externalisation de certains services de la SNCF participent à la défense des services publics ? Est-ce que bloquer toute évolution du statut des fonctionnaires rend service au public ?
La réforme est nécessaire car défendre la présence des services publics sur l’ensemble du territoire ne suffit pas. Les chantiers à poursuivre ou à ouvrir sont nombreux : délégations de service public, décentralisation, regroupement et autonomie de certains services... mais aussi gestion du personnel (recrutement, carrière, statut).
Ce dernier défis est d’importance. De nombreux changements ont été induits par la LOLF, ce qui démontre que les services publics ont des capacités d’évolution insoupçonnées. Malgré tout, le fonctionnement bureaucratique de la gestion du personnel dans la fonction publique aboutit souvent à une prime à l’incompétence : combien d’exemple de personnels qui reçoivent une promotion inespérée dans le but de les neutraliser. L’affaire dite d’Outreau illustre magistralement l’impossibilité de récompenser les compétences ou de sanctionner les manquements.
En réalité, les services publics de toutes sortes – postes, transports, école, police, justice... – vivent une période exaltante et riche en défit. Les échéances électorales doivent nous permettre de redéfinir clairement leurs fonctions et de dissocier ce débat de celui du statut des agents de l’Etat.
Cédric BAILLET
12:45 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mercredi, 07 juin 2006
ET HOP, UN PROGRAMME SOCIALISTE...
Les hommes politiques ont perdu la confiance des citoyens... L’entrée des femmes en politique n’y a rien changé.
Evidemment, la confiance s’évanouit avec le sentiment que les élus servent d’abord leurs propres intérêts. Par le scandale « Guy Drut », la méfiance vient de faire un bond olympique.
De son côté, Dominique de Villepin ne cherche de toute façon aucunement la confiance : il est certain de son génie politique et il sait qu’il vaincra ses adversaires lors d’une magistrale grande dissolution de leurs forces...
Alors, comment retrouver la confiance ? Grâce à des idées simples à comprendre ? Par l’onction sacrée des médias ? Avec une belle opération de communication ? J’ose espérer que les artifices ne marcheront plus... Mais rien n’est moins sûr !!!
Alors, est-ce François Bayrou qui saura restaurer la confiance ? Certainement pas !!! La confiance a été trop souvent placée dans un homme. Et un homme, c’est faillible. Il faut cesser de personnaliser à outrance la politique. Car même si François Bayrou incarne une méthode, un projet et de la volonté, tout cela peut être porté par d’autres.
François Bayrou a compris qu’il ne servait à rien de réclamer la confiance. Mais à l’inverse, c’est lui et son parti qui amorcent une démarche de confiance : confiance dans les citoyens, dans leur choix, dans leur volonté de voir les choses évoluer. C’est pourquoi le projet que l’UDF élabore pour les élections ne sort pas d’un bureau politique comme un catalogue de vieilles recettes marxistes ou nationalistes. Il est patiemment écrit en allant à l’écoute des citoyens, en étudiant les problèmes et les solutions un à un.
Néanmoins cette démarche n’est pas celle d’un marchand de phantasmes. L’UDF veut porter une parole de vérité : même si cela effraye nos amis d’hier et déboussole nos amis de demain. Car nous sommes libres d’écouter et de proposer. Libre de mériter la confiance.
Cédric BAILLET
23:55 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
dimanche, 04 juin 2006
JUSTICE ?
Le fils du président tchadien a été condamné hier par un tribunal français. Une broutille : port d’arme, détention de drogue...
Malheureusement, je ne sais pas si la justice tchadienne est aussi bien faite que celle de France. Est-ce que son papa va pouvoir le gracier ?
Bon d’accord... un président étranger ne peut pas avoir d’autorité sur un jugement de notre pays. Mais il pourrait faire appel à notre président à nous pour une belle démonstration de démocratie. Après tout, Monsieur Chirac pourrait justifier cette grâce comme un acte diplomatique fortifiant l’entente franco-tchadienne.
Franchement, on ne peut rien reprocher à notre président qui s’efforce constamment de cultiver les amitiés africaines de la France. Pour cela il a trouvé un truc pour mettre en valeurs les dirigeants de ces « démocraties » : il emprunte certaines de leurs pratiques gouvernementales !!! Chapeau Chirac...
Cédric BAILLET
PS : Ouf les Français ne sont pas complètement crédules. Si la moitié d’entres eux croient aux OVNI, ils ne sont (lucidement) que 17% pour croire que Chirac peut régler les problèmes de la France !!! Si vous en connaissez, contactez-nous, ça nous intéresse !!!
21:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
vendredi, 02 juin 2006
PACTE REPUBLICAIN (OU ROYAL...)
Après avoir salué les résultats de Tony Blair, Ségolène révèle au PS que la violence et l’insécurité ne sont pas seulement des divagations de Français trop bêtes pour se rendre compte que les jeunes brûlent des voitures pour exprimer leur souffrance face à un monde qui les méprisent. Ouh !!! La méchante société !!!
Et voilà tous les idéologues de la gauche qui crient au scandale, à la dérive droitière ! Parce que Mme Royal annonce deux ou trois vérités et propositions mesurées et concrètes ? La « mise sous tutelle des allocations familiales », « des systèmes d’encadrement à dimension militaire avec des actions humanitaires », «un système d’obligation pour les parents de faire des stages dans des écoles de parents », « ne pas accueillir plus de 400 élèves » dans les collèges...
Pour ma part, je suis ravi de découvrir qu’il y a encore des gens lucides à gauche. Et c’est le rôle de l’UDF de les soutenir afin de pouvoir faire un travail novateur ensemble. Car sur ce thème prioritaire et vital pour la cohésion de notre nation, il est souhaitable que nous trouvions un large consensus du centre-gauche au centre-droit afin de proposer un vrai projet pour traiter en profondeur la crise d’autorité et de citoyenneté que nous connaissons.
Alors, est-il scandaleux que les propositions de Ségolène, de François et de Nicolas soient proches ??? Non, elles sont proches car elles expriment le bon sens, elles expriment l’urgence d’imposer le respect de la République et de ses valeurs. Et pas seulement le respect de pauvres petits qu’on nous présente comme des victimes du système. Trop longtemps notre pays s’est auto-flagellé. Il faut faire cesser ce discours culpabilisateur qui se retourne contre nous : aucune injustice sociale ne peut justifier, expliquer, valoriser, nécessiter, occasionner ou engendrer la violence.
Ce préalable permet d’éviter toute ambiguïté dans le traitement de la délinquance : entrer dans la violence est toujours un choix personnel, rester dans la légalité est toujours possible. C’est uniquement un problème moral. Ainsi réhabilité, la responsabilité de l’humain encourage à mettre en place un processus éducatif pour construire des citoyens. On ne peut pas éduquer, élever moralement la jeunesse avec comme modèle une République qui n’est pas fière d’elle-même, qui n’est pas sûre de ses valeurs et de son système : qui voudrait suivre un maître faible, qui s’apitoie, qui a peur du conflit ? Une République qui fait d’abord respecter ses lois - même au risque du conflit - qui affirme ses valeurs, sera la seule à même d’éduquer et de fédérer la population.
Je suis loin de penser que le programme de Ségolène Royal sera proche de celui de François Bayrou, en revanche je considère qu’elle vient de prouver qu’elle peut faire des propositions courageuses et pragmatiques, qu’elle est capable d’envoyer sur les roses les idéologues de la pensée unique. Et que sur certains thèmes vitaux, le travail en commun n’est pas exclu...
Cédric BAILLET
16:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note


